Page:Clausewitz - Théorie de la grande guerre, III.djvu/21

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1° Les pertes habituellement plus grandes qu’éprouve l’adversaire dans sa marche en retraite.

2° Les magasins, les dépôts, les ponts, etc., etc., etc., qu’il laisse tomber entre nos mains en se retirant et qui constituent pour lui des pertes d’autant plus sensibles que rien ne les peut compenser.

3° Les provinces que nous envahissons et dont il ne peut plus tirer de troupes de renfort.

4° L’avantage de vivre d’une partie de ses ressources, c’est-à-dire à ses dépens.

5° Le trouble que nous apportons dans son unité, dans ses mouvemnts, dans son administration intérieure et dans le fonctionnement de ses divers services.

6° La défection de ses alliés, et, de notre côté, des alliances nouvelles.

7° Enfin le découragement de l’adversaire qui lui fait en partie tomber les armes des mains.

Par contre, les causes d’affaiblissement auxquelles nous sommes exposés sont les suivantes :

1° En se retirant l’adversaire rappelle à lui tous les détachements dont il avait dû jusqu’alors diminuer le gros de ses forces pour assiéger ou observer nos places fortes ou pour protéger les siennes, tandis que, désormais, il nous faut assiéger, investir, bloquer ou observer ces dernières au fur et à mesure que nous les atteignons.

2° À partir du moment où nous pénétrons sur la territoire de l’adversaire, le théâtre de guerre change de nature et nous devient hostile. Il nous faut l’occuper partout si nous voulons en rester maîtres, et partout, néanmoins, il oppose à nos opérations des difficultés qui en diminuent la puissance et les effets.

3° Nous nous éloignons de nos ressources tandis que l’adversaire se rapproche des siennes, ce qui apporte