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Page:Colette - Claudine s’en va, 1903.djvu/166

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j’ai poussé un grand soupir de soulagement. Elle m’a pris le bras, gentille :

— C’est fait. Merci, petite. Tu m’as aidée à arranger bien des choses. Mais juge de la difficulté ! Si j’avais donné rendez-vous à Maugis dans le parc, à la laiterie, ou aux petites tables du café glacé, un gêneur, ou pis : une gêneuse nous serait tombée sur le poil au bout de cinq minutes. Le voir dans ma chambre, ça devenait dangereux…

— Alors, tu les auras, Marthe ?

— Quoi ?

— Les articles des revues étrangères ?

— Ah ! oui… Oui, je les aurai, et tout ce que je voudrai.

Elle se tait un instant, secoue ses grandes manches pour s’aérer, et murmure comme pour elle-même :

— Il est riche, le mufle !

(Surprise, je la regarde) :

— Riche ? qu’est-ce que cela peut te faire, Marthe ?

— Je veux dire par là, explique-t-elle très