Julie le dévisagea avec une insolence voulue, car elle se sentait inférieure à elle-même, la peau sèche, un peu moins merveille que de coutume, les yeux petits, et elle voulait réagir. Espivant haussa les épaules.
« Ce n’est pas un jour pour engueulade, Youlka. Je ne suis debout que depuis deux heures.
— Mais tu n’as pas eu de crises depuis ma visite ?
— Rien qu’une. N’y pensons pas. Ma maison m’agace. Oh ! ne tends pas l’oreille vers la galerie, il n’y a personne. Sais-tu où est Marianne ?
— Non.
— Elle est allée à la recherche de son fils.
— À la recherche… Comment dis-tu ?
— De son fils. Fais-moi l’honneur de m’écouter, Youlka ! Toni a découché. Pour moi, il est chez une femme. Mais sa mère est folle d’inquiétude. En somme, dix-sept ans, c’est jeune pour découcher, surtout sans prévenir. Et puis il est trop beau. Trop particulièrement beau. Tu m’écoutes ? À quoi penses-tu ?
— À ce que tu dis. Il n’a rien laissé ?
— Si, un mot stupide à sa mère. « Je ne remettrai pas les pieds dans cette maison », ou quelque chose d’approchant. Marianne a beau jurer qu’il n’y a rien eu entre elle et cet idiot d’enfant, je n’arrive pas à la croire.
— Il a emporté de l’argent ?