— Pas beaucoup, Marianne lui en donne très peu, au compte-gouttes.
— Pourquoi ?
— Elle dit que c’est comme ça qu’on doit faire. Je refilais de temps en temps cinq louis à Toni.
— Tu es en bons termes avec ton beau-fils ?
— Très bons. Il n’est pas communicatif. Mais très doux, un peu impondérable, l’enfant le moins gênant du monde. Il a un petit appartement de deux pièces et demie, au second, eh bien, je ne l’ai pas rencontré depuis… depuis quarante-huit heures. Tu le connais ?
— Je l’ai aperçu. Tu es en bons termes avec lui, mais tu ne l’aimes pas ? Non, tu ne l’aimes pas. Mais non, tu ne l’aimes pas. Tu as assez d’une Marianne, deux c’est trop. La ressemblance entre Toni et sa mère est telle que tu dois la supporter assez mal ? Dis ? Voyons, dis-le donc ? À moi, tu peux bien le dire ?… »
Elle le poussait, en avançant sur lui, le touchait de l’index, rapprochait son visage de celui d’Espivant qui était juste à la même hauteur que le sien, plantait dans les yeux couleur de châtaigne la flèche bleue de son regard qu’elle durcissait, enfin le pressait comme autrefois lorsqu’elle voulait obtenir de lui l’aveu d’une concupiscence ou d’une infidélité. Surpris, il céda, s’arma de cynisme :
« C’est-à-dire que je m’en fous à peu près