Page:Collectif (famille Chauviteau) - 1797-1817 Lettres de famille retrouvées en 1897, 1897.djvu/17

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’amitié vos soins, votre attachement, vos conseils et votre amitié pour votre frère qui est encore trop jeune pour se conduire sans guide. Je sais que vous prêchez bien quand vous voulez, mais j’aimerais mieux que vous prêchiez d’exemple. Adieu, je vous embrasse tendrement.


SOPHIE CHAUVITEAU À SES FRÈRES

Providence, 30 mai 1798.

Nous avons eu le plaisir, mes chers frères, de recevoir hier au soir de vos nouvelles et de l’heureuse arrivée de notre Châlon. Nous nous félicitons beaucoup de savoir qu’il est en bonne santé auprès d’un bon frère. M. Wolf m’a remis en mains propres la petite boîte de notre trop bon Salabert. Je le prie de recevoir mes sincères remerciements. Il y a un siècle que maman et moi n’avons mis de pendants d’oreilles, nous nous en faisons un plaisir à présent. Quoique vous ne me croyiez pas digne de correspondre avec vous et de vous donner des nouvelles de la famille, je mets tout amour-propre de côté et vous écrirai le plus souvent que je le pourrai. Maman est au lait depuis un mois, et cela lui fait beaucoup de bien. Solange est à Bristol pour apprendre la langue anglaise, papa se porte à merveille, il n’y a que moi qui sois « soso ». Je ne sors pas du tout, faute d’occasion ; je reste des semaines entières sans voir ni entendre parler de mes anciennes amies. Je commence à peindre depuis le départ de Châlon, et je fais assez de progrès pour une personne qui n’a jamais appris. Papa et maman vous écrivent. Adieu, je vous embrasse tous les deux et vous prie d’être assurés de mon sincère attachement. — Votre sœur affectionnée.