Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 032, 1851.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
(137)

confiance, et en opérant de la manière suivante. J’ai constaté dans son sens et dans sa grandeur probable la réalité du phénomène prévu.

» Au sommet de la voûte d’une cave on a solidement scellé une forte pièce en fonte qui doit donner un point d’appui au fil de suspension, lequel se dégage du sein d’une petite masse d’acier trempé dont la surface libre est parfaitement horizontale. Ce fil est d’acier fortement écroui par l’action même de la filière ; son diamètre varie entre et de millimètre ; il se développe sur une longueur de 2 mètres et porte à son extrémité inférieure une sphère de laiton rodée et polie qui, de plus, a été martelée de façon à ce que son centre de gravité coïncide avec son centre de figure. Cette sphère pèse 5 kilogrammes et elle porte un prolongement aigu qui semble faire suite au fil suspenseur.

» Quand on veut procéder à l’expérience, on commence par annuler la torsion du fil et par faire évanouir les oscillations tournantes de la sphère. Puis, pour l’écarter de sa position d’équilibre, on l’embrasse dans une anse de fil organique dont l’extrémité libre est attachée à un point fixe pris sur la muraille, à une faible hauteur au-dessus du sol. On dispose arbitrairement, par la longueur donnée à ce fil, de l’écart du pendule et de la grandeur des oscillations qu’on veut lui imprimer. Généralement, dans mes expériences, ces oscillations comprenaient à l’origine un arc de 15 à 20 degrés. Avant de passer outre, il est nécessaire d’amortir, par un obstacle que l’on retire peu à peu, le mouvement oscillatoire que le pendule exécute encore sous la dépendance des deux fils. Puis, dès qu’on est parvenu à l’amener au repos, on brûle le fil organique en quelque point de sa longueur ; sa ténacité venant alors à faire défaut, il se rompt, l’anse qui circonscrivait la sphère tombe à terre, et le pendule, obéissant à la seule force de la gravité, entre en marche et fournit une longue suite d’oscillations dont le plan ne tarde pas à éprouver un déplacement sensible.

» Au bout d’une demi-heure, ce déplacement est tel, qu’il saute au yeux ; mais il est plus intéressant de suivre le phénomène de près, afin de s’assurer de la continuité de l’effet. Pour cela, on se sert d’une pointe verticale, d’une sorte de style monté sur un support, que l’on place à terre, de manière à ce que dans son mouvement de va-et-vient le prolongement appendiculaire du pendule vienne, à la limite de son excursion, raser la pointe fixe. En moins d’une minute, l’exacte coïncidence des deux pointes cesse de se reproduire, la pointe oscillante se déplaçant constamment vers la gauche de l’observateur ; ce qui indique que la déviation du plan d’oscillation a lieu dans le sens même de la composante horizontale du mouvement apparent