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Page:Condillac - Essai sur l’origine des connaissances humaines, Mortier, 1746, tome 1.djvu/253

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ces mots, être, substance, essence, genre, espèce ; il ne faut pas s’imaginer qu’ils n’entendent que certaines collections d’idées simples qui nous viennent par sensation & par réflexion : ils veulent pénétrer plus avant, & voir dans chacun d’eux des réalités spécifiques. Si même nous descendons dans un plus grand détail, & que nous passions en revue les noms des substances ; corps, animal, homme, métail, or, argent, &c. tous dévoilent aux yeux des philosophes des êtres cachés au reste des hommes.

Une preuve qu’ils regardent ces mots comme signe de quelque réalité, c’est que, quoiqu’une substance ait souffert quelque altération, ils ne laissent pas de demander, si elle appartient encore à la même espèce, à laquelle elle se rapportoit avant ce changement : question qui deviendroit superflue, s’ils mettoient les notions des substances & celles de leurs espèces dans différentes collections d’idées simples. Lorsqu’ils demandent si de la glace & de la neige