Aller au contenu

Page:Condillac - Essai sur l’origine des connaissances humaines, Mortier, 1746, tome 1.djvu/271

La bibliothèque libre.
Cette page n’a pas encore été corrigée

attouchement de telle ou de telle manière, doive frapper les yeux de telle ou de telle manière, ni que l’angle avancé d’un cube qui presse sa main d’une manière inégale, doive paroître à ses yeux tel qu’il paroît dans le cube. Je suis tout-à-fait du sentiment de cet habile homme… Je crois que cet aveugle ne seroit point capable, à la première vue de dire avec certitude, quel seroit le globe & quel seroit le cube, s’il se contentoit de les regarder ; quoiqu’en les touchant il put les nommer & les distinguer sûrement par la différence de leurs figures qu’il appercevroit par l’attouchement[1]. »

§. 2. Tout ce raisonnement suppose que l’image qui se trace dans l’œil à la vûe d’un globe, n’est qu’un cercle plat, éclairé & coloré différemment, ce qui est vrai. Mais il suppose encore, & c’est ce qui me paroît faux, que l’impression qui

  1. L. 2. P. 97. §. 8.