Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/161

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auxquelles ſes ſens ouvrent un paſſage. En quelque ſorte ſemblable à une glace, ſans ceſſe il reçoit de nouvelles images, & jamais il n’en conſerve aucune. En effet, quelle occaſion auroit cet homme de s’occuper de lui, ou de ce qui eſt au-dehors ? La nature a tout pris ſur elle, & elle a ſi fort prévenu ſes beſoins, qu’elle ne lui laiſſe rien à deſirer. Elle a voulu éloigner de lui toute inquiétude, toute douleur : mais pour avoir craint de le rendre malheureux, elle le borne à des Senſations, dont il ne peut connoître le prix, & qui paſſent comme une ombre.

Avec des