Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/174

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pour découvrir & procurer ce qui peut flatter le goût. Elle prend donc un nouvel intérêt à tout ce que la nature offre à ſes regards. Sa curioſité ne ſe borne plus à démêler la couleur des objets, leur odeur, leur figure, etc. Si elle les étudie par ces qualités, c’eſt ſur-tout pour apprendre à reconnoître ceux qui ſont propres à la nourrir. Elle ne voit donc point un fruit, dont elle a mangé, elle ne le touche point, elle ne le ſent point ; ſans juger s’il eſt bon ou mauvais au goût. Ce jugement augmente le plaiſir qu’elle a de le voir, de le toucher, de le ſentir ; & ce ſens contribue à lui rendre les autres d’