Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/254

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procure un nouveau plaiſir. Ici c’eſt une plaine vaſte, uniforme, où ma vue paſſant par-deſſus tout ce qui eſt près de moi, ſe porte à une diſtance indéterminée ; & ſe perd dans un eſpace qui m’étonne. Là, c’eſt un pays coupé & plus borné, où mes yeux après s’être repoſés ſur chaque objet, embraſſent un tableau plus diſtinct & plus varié. Des tapis de verdure, des boſquets de fleurs, des maſſifs de bois, où le ſoleil pénetre à peine ; des eaux qui coulent lentement ou qui ſe précipitent avec violence, embelliſſent ce payſage, que paroît animer une lumiere qui répand ſur lui mille