Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/60

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


le mouvement des corps ; parce qu’elle les accoutume à ſuivre les objets, qu’elle fait paſſer d’un point de l’eſpace à l’autre.

Ils ne voyent pas encore hors de la portée de la main. Juſqu’ici la Statue n’a étudié à la vue que les objets qui ſont à la portée de ſa main : car c’eſt par-là qu’elle doit néceſſairement commencer. Elle n’a donc point encore appris à voir au-delà, & elle ſe voit comme renfermée dans un court eſpace. à la vérité, le tranſport de ſon corps lui a appris que l’eſpace doit être beaucoup plus grand : mais elle n’imagine pas comment il pourra lui paroître aux yeux. En vain ſe diroit-elle, il y a de l’étendue au-delà de