Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/64

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


N’ayant donc fait aucune expérience pour lier ces impreſſions avec les grandeurs qui ſont à quelques pas d’elle, elle ne peut juger des objets éloignés, que d’après les habitudes qu’elle a contractés. L’impreſſion cauſée par de petites images, doit, par conſéquent, les lui faire paroître petits, & l’impreſſion cauſée par de grandes images, doit les lui faire paroître grands : car c’eſt ainſi qu’elle juge de ceux que le tact a mis à la portée de ſes yeux. Les liaiſons qu’elle a formées pour juger à la vue des grandeurs qui ſont à un pied ou à deux, ne ſuffiſent donc pas pour juger de celles qui ſont au-