Page:Conseil colonial de la Guadeloupe - Abolition de l'esclavage, 1848.djvu/32

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Permettez-moi de saisir cette occasion de féliciter le conseil et particulièrement son président de l’heureuse attitude prise dans cette session ; elle seule pouvait nous sauver ; vous en avez eu le premier la pensée, et en cela, général, vous avez ajouté un nouveau titre à tous ceux que vous avez déjà à l’estime et à la reconnaissance de vos concitoyens.

Agréez, je vous prie, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments de haute considération.

Le Maire,
Signé Bouvier.

En présence de la situation actuelle des questions coloniales, et des tendances de l’opinion à leur égard ;

Considérant

Que la loi du 18 juillet 1848 a introduit dans notre régime social des embarras et des difficultés qui compromettent le travail et même la tranquillité ;

Qu’elle a détruit les liens d’affection et de confiance qui existaient entre les maîtres et les esclaves, pour y substituer l’antagonisme et la défiance ;

Qu’elle a pour résultat d’enlever chaque jour des travailleurs à la culture pour les livrer à l’oisiveté, à l’isolement et à la misère, et les jeter dans les désordres du vagabondage et de la prostitution ;

Qu’en diminuant le travail des esclaves et en augmentant les charges des maîtres, elle a imposé à ceux-ci des obligations auxquelles il leur est matériellement impossible de faire face ; Convaincus qu’un tel état de choses est incompatible avec le bien-être de tous et qu’il est urgent d’en sortir,

Les habitants propriétaires de la commune du Baillif, soussignés,

Après avoir pris connaissance de la correspondance des délégués de la colonie, d’un projet d’organisation du travail par association, et de l’adresse au roi volée par le conseil colonial,