Page:Considerant - Théorie générale de Fourier.djvu/4

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vers. Plus on pourra pénétrer loin dans la série hiérarchique des existences échelonnées et dépendantes, mieux on connaîtra la loi des destinées de l’élément qu’on aura pris pour point de départ.

Ce n’est que par une idée de l’ensemble des créations que l’on peut acquérir une notion des causes et du but de la vie, dans les degrés inférieurs de la hiérarchie des êtres. L’analyse des éléments est le premier pas de toute recherche scientifique ; mais la synthèse, qui embrasse les plus hautes généralités des lois de la vie universelle, est la seule lumière qui éclaire les questions touchant à la Destinée des êtres.

Il faut, puisqu’il est impossible de ne pas apercevoir le lien intime qui rattache entre elles toutes les parties de la création, depuis les derniers atomes jusqu’aux tourbillons planétaires que l’on voit se former et se décomposer dans l’espace, il faut bien forcément admettre que l’univers est un tout vivant, organisé, dont les parties constituantes sont liées par des lois analogues à celles qui réunissent les différents organes d’un corps comme celui de l’homme, par exemple, et qui établissent dans ce corps l’unité de la vie. À ce point de vue de l’univers organisé, notre terre, avec l’humanité et tous les êtres qui l’habitent, n’est plus, dans le vaste ensemble des mondes, qu’un organe particulier exerçant une fonction spéciale qui est la raison, la loi et le but de son existence.

Mais le globe, cet élément des cieux ou de l’univers, est déjà lui-même un appareil organique composé d’autres organes accomplissant, chacun en ce qui lui est propre, sa part de la fonction générale. L’humanité est un de ces organes. Tâchons donc de découvrir quelle peut être l’œuvre de l’humanité sur la terre, et comment, en s’acquittant de sa tâche spéciale, elle aide à l’accomplissement des fonctions du globe et du groupe d’êtres semblables avec lesquels il est systématiquement uni par l’attraction.

Lorsqu’on analyse les organes constitutifs des corps vivants, on remarque toujours que la nature des fonctions réservées à un organe en détermine la forme, la composition, l’action, en un mot, la vie ; de telle sorte que l’exercice de la fonction doit être considéré comme la vie de l’organe, et l’accomplissement de la fonction comme le but de cette vie.

Nous pouvons généraliser ce fait, et, puisque, d’après notre idée première, chaque être est partie constituante de l’univers organisé, nous pouvons dire : l’exercice et l’accomplissement d’une fonction spéciale dans l’ordre général sont les causes déterminantes, la raison même de la vie d’un être. Mais dès qu’il existe entre la fonction et la vie une telle relation que l’on essaierait vainement de comprendre la