Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 23, 1845.djvu/284

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plumes, dans la chambre du capitaine, à l’endroit où je les avais laissés.

— Monsieur Wallingford, dit lord Harry en commençant, je ne vous cacherai pas que votre lieutenant raconte tout autrement que vous la manière dont l’équipage du Rapide a quitté l’Aurore. Voici son récit que j’ai écrit littéralement sous sa dictée ; je vais, si vous voulez, vous en donner lecture.

— Je ne vois pas comment M. Marbre pourrait me contredire en disant la vérité, Milord ; mais je vous écoute.

— « J’étais premier lieutenant de l’Aurore, de New-York. Miles Wallingford, armateur ; capturé par le Rapide, comme on sait ; M. Sennit installé comme maître de prise. Trois jours après nous être séparés de la frégate, le capitaine et moi, nous commençâmes à raisonner M. Sennit, pour lui faire comprendre qu’il n’était pas bien d’arrêter des neutres, et d’interrompre un voyage qui se rattachait à de graves intérêts ; ce qui bouleversa les idées du susdit lieutenant, à tel point qu’il consentit à prendre la yole du bâtiment, et à nous remettre le navire. En conséquence, la chaloupe fut mise à la mer, arrimée avec le plus grand soin ; toutes les précautions furent prises pour que rien ne manquât à ceux qui allaient y passer, et les Anglais prirent congé de nous, en faisant mille vœux pour notre heureuse arrivée à Hambourg. »

— Est-ce sérieusement que vous me dites, lord Harry Dermond, que mon lieutenant vous a raconté ainsi l’affaire ?

— Très-sérieusement, Monsieur. Je crois même qu’il a offert de prêter serment pour attester la vérité de son récit, quoique je l’aie dispensé de cette cérémonie. Voici maintenant la déposition du nègre ; désirez-vous en prendre aussi communication ?

— Comme vous voudrez, Milord.

— « Neb Clawbonny faisait partie de l’équipage de l’Aurore ; il y fut laissé lors de la capture du bâtiment par le Rapide, et il était à bord lors du naufrage. Le capitaine Wallingford ordonna à M. Sennit de quitter son bâtiment, ou qu’il saurait bien l’y forcer, et M. Sennit obéit à maître Miles, comme de juste. » Mais je n’en dirai pas davantage, car la déposition d’un esclave n’est guère digne de confiance ; peut-être même n’aurions-nous pas dû la recevoir, monsieur Cléments ?

— Pardonnez-moi, Milord ; il est de notre devoir d’employer