Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 23, 1845.djvu/298

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suivants sur la manière outrageante et illégale dont il a été traité par le bâtiment de guerre anglais le Rapide, commandé par un rejeton de la noblesse, lord — j’ai laissé du blanc pour le nom, — et le cœur de tout véritable Américain se soulèvera d’horreur et d’indignation à cette nouvelle preuve de la mauvaise foi et de l’insolence britannique ; on verra que, non satisfait de presser tous les hommes de l’équipage du capitaine Wallingford, et de leur faire subir un traitement atroce à tous égards, cet orgueilleux aristocrate a violé, en ce qui concerne le capitaine lui-même, tous les articles du traité qui lie entre eux les deux pays, qu’il a forfait à l’honneur ; en un mot, qu’il a foulé aux pieds tous les commandements de Dieu. Nous avons une ferme confiance qu’il ne se trouvera pas chez nous un seul homme pour défendre une conduite aussi indigne, et que les créatures mêmes de l’Angleterre, qu’emploie la presse fédérale, se joindront à nous dans cette occasion pour repousser l’agression et l’usurpation britanniques. » — Eh ! bien, Monsieur, j’espère que vous êtes content ?

— C’est peut-être ne présenter qu’un côté des faits, colonel, attendu que j’ai à me plaindre des Français tout autant que des Anglais ; car si j’ai été capturé par une frégate anglaise, je l’ai été aussi par un corsaire français. Si je fais tant que de parler, il vaut mieux dire tout.

— Comment donc, Monsieur, cela va sans dire ; nous voulons raconter toutes les atrocités dont ces Anglais arrogants se sont rendus coupables.

— Sans doute, en capturant mon bâtiment, le commandant anglais commit un acte injuste et fut cause de ma ruine…

— Arrêtez un moment, Monsieur, s’il vous plaît, interrompit le colonel Warbler en écrivant avec rapidité — « et causa ainsi la ruine d’un homme d’honneur, » — oui, cela finit bien la période. — À présent, veuillez continuer, Monsieur.

— Mais je n’ai pas à me plaindre personnellement de mauvais traitements ; et l’acte commis par les Français eut précisément le même caractère ; car je venais de me débarrasser de l’équipage de prise anglais, quand le corsaire français nous captura à son tour, et nous empêcha d’aborder en France où j’allais chercher un abri et quelques matelots.

Le colonel Warbler m’écouta avec une froide indifférence ; il ne