Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 23, 1845.djvu/325

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— J’ai été surpris d’apprendre que mon digne ami, M. Jacques Wallingford, était mort, dit-il en commençant. Je ne sais comment l’annonce de sa mort dans les journaux a pu m’échapper ; je ne puis l’attribuer qu’à une grave maladie que j’ai faite vers la même époque. Mon bon ami, M. Hardinge, vient de m’en informer pour la première fois, il n’y a qu’une demi-heure.

— Il est vrai, Monsieur, répondis-je. Il paraît que mon cousin est mort il y a huit mois.

— Et, au moment de sa mort, il avait entre les mains votre obligation de quarante mille dollars ?

— Hélas, oui, Monsieur ! obligation avec hypothèque sur mon bien patrimonial de Clawbonny, qui depuis a été vendu par autorité de justice, et vendu pour une misère, — moins du quart de sa valeur.

— Et vous avez été arrêté à la requête de l’administrateur de la succession, pour la balance dont vous restiez débiteur ?

— Il est vrai, Monsieur ; et j’ai été mis en liberté sous caution, il n’y a qu’une heure ou deux.

— Eh bien, Monsieur, tous ces actes sont nuls, radicalement nuls. J’ai déjà donné des ordres pour qu’on rédigeât une requête à présenter au chancelier ; et, à moins que l’administrateur des biens de votre cousin ne soit le plus stupide et le plus entêté des hommes vous serez paisible possesseur de Clawbonny dans moins d’un mois, et, pour peu qu’il ait un grain de bon sens, dans vingt-quatre heures.

— Vous ne voudriez pas faire concevoir des espérances qui s’évanouiraient aussitôt, monsieur Harrison ; et pourtant je ne puis comprendre…

— Écoutez-moi. Votre parent, M. Jacques Wallingford, qui était un de mes plus honorables clients, a fait un testament, que j’ai rédigé moi-même, et qu’il a laissé entre mes mains. Je vous le remets aujourd’hui comme à son exécuteur testamentaire. Vous verrez qu’il vous y fait remise des quarante mille dollars, et qu’il vous donne mainlevée de l’hypothèque. Mais ce n’est pas tout. Après avoir fait quelques legs insignifiants à quelques parents, c’est vous qu’il a institué son légataire universel ; et je suis assez au courant de ses affaires pour être certain que votre fortune sera augmentée d’au moins deux cent mille dollars. Jacques Wallingford était un maniaque ; mais sa manie, c’était d’entasser de l’argent. S’il eût vécu