Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/116

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whigs des colonies se dirigeaient vers un accommodement et une reconnaissance positive de leurs franchises politiques. Les événements, qui se succédèrent si rapidement, ne furent que les conséquences de causes qui, une fois mises en mouvement, atteignirent bientôt une impétuosité qui put défier tous les pouvoirs humains. Il entrait sans doute dans les grands et mystérieux plans de la divine Providence, pour le gouvernement des futures destinées de l’homme, que la séparation politique commençât dans cette occasion pour être terminée avant la fin du siècle.

La présente entrevue avait lieu, moins pour débattre tes mérites de la contestation que pour se consulter sur la conduite future et déterminer ce qu’il y aurait de mieux à faire. Après avoir discuté le pour et le contre, il fut décidé que le major quitterait l’habitation le jour suivant, et retournerait à Boston, évitant Albany et ceux des endroits du pays où il serait exposé à être arrêté. Tant de gens se joignaient aux troupes américaines qui s’assemblaient autour de la ville assiégée, que ce voyage ne pouvait exciter aucun soupçon, et une fois dans le camp américain, rien ne devait être plus facile que de gagner la péninsule. Le jeune Willoughby ne trouva aucune difficulté dans l’accomplissement de ces projets, pourvu qu’il pût traverser les colonies sans être reconnu. On n’en était pas encore arrivé à employer un grand nombre d’espions et à exercer sévèrement la loi martiale. Le plus grand danger à craindre était l’emprisonnement, positivement certain en cas de découverte, et le major Willoughby craignait d’être trahi. Il regrettait d’avoir amené son domestique, qui était Européen et pouvait aisément, par sa bêtise et son accent, leur amener des difficultés. Ce danger parut si sérieux au père, qu’il insista pour que Robert partît sans ce garçon, qui le rejoindrait à la première occasion convenable.

Aussitôt que ce plan fut arrêté, ils agitèrent la question de choisir un guide. Quoiqu’il se défiât du Tuscarora, le capitaine Willoughby, après quelques réflexions, pensa qu’il pourrait être plus sûr, de s’en faire un allié que de lui laisser la facilité de s’employer pour l’autre côté. Nick fut appelé et questionné. Il promit de conduire le major à l’Hudson, à un endroit situé entre Lunenburg et Kinderhook, où il pourrait probablement traverser la rivière sans exciter de soupçon. On fit dépendre sa récompense de son retour à la hutte avec une lettre du major autorisant son