Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/215

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


homme qui est sorti avec lui la nuit dernière ; on peut se fier à lui je suppose. Vous ayez pensé juste ; c’est l’homme qui était dehors la nuit dernière, en même temps que j’y étais aussi, et son nom est Joël Strides.

— Le capitaine veut plaisanter ; il faudrait être au moins deux pour aller trouver ces sauvages. J’ai assez vu cet homme pour reconnaître qu’on peut se fier à lui, et s’il veut y aller, j’irai.

— Accordé, dit Robert Willoughby en entrant tout à coup dans la bibliothèque. Je vous prends au mot, monsieur Strides ; vous et moi nous courrons ces dangers, afin de dissiper l’inquiétude de la famille.

Le capitaine fut étonné de cette apparition, quoiqu’il ne sût s’il devait en être mécontent ou s’en réjouir. Quant à Mike, sa physionomie exprimait un grand désappointement, car il s’était imaginé que Joël ne pourrait jamais savoir ce qu’il désirait. Strides lui-même jeta un regard curieux sur l’étranger, le reconnut aussitôt, et sut assez bien se commander à lui-même pour cacher sa découverte. La présence du major, cependant, l’empêcha de faire d’autres objections à l’expédition proposée ; si c’étaient des Américains, lui il n’avait rien à craindre ; dans le cas contraire, un officier du roi ne pouvait pas manquer d’être une protection suffisante.

— Ce gentilhomme m’est tout à fait étranger, reprit Joël hypocritement ; mais comme le capitaine a confiance en lui, je dois être tranquille sur son compte. Je suis prêt à partir aussitôt que cela vous sera agréable.

— C’est bien, capitaine Willoughby s’empressa de dire le major afin de prévenir les objections de son père ; partons, le plus tôt sera le meilleur. Je suis prêt, et je pense que ce digne homme, que vous appelez Strides, a autant de bonne volonté que moi.

Joël fit un signe d’assentiment, et le capitaine, voyant qu’il n’y avait plus moyen de reculer, fut obligé de céder. Il prit le major à part dans la chambre à coucher, l’entretint pendant un instant, puis il revint vers Joël.

— Votre compagnon a ses instructions, dit-il au moment où ils sortaient ensemble de la bibliothèque, et vous suivrez ses avis. Montrez le drapeau blanc aussitôt que vous aurez franchi la porte ; si ce sont de vrais guerriers, ils le respecteront.