Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/266

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vrira mieux encore par la suite de notre histoire, et nous préférons laisser le reste des explications prendre leur place convenable dans le cours de la narration.

Quand le capitaine se fut séparé de Joyce et du maçon, il se trouva tout à fait seul dans la cour, car le jeune Blodget avait monté à la galerie qui faisait le tour des toits, tandis que le nègre était en faction à la grande porte. Comme la première position se voyait du haut des bâtiments, le capitaine monta l’escalier qu’il avait récemment descendu et rejoignit le jeune Américain à son poste.

La nuit était étoilée, mais l’élévation à laquelle les deux surveillants étaient placés n’était pas favorable pour découvrir quelque ennemi en embuscade ; cependant Blodget fit observer au capitaine qu’il ne pensait pas qu’un homme pût franchir les palissades sans être vu. Ils suivirent la galerie jusqu’au côté sud, et de là ils purent voir assez bien sur le front et les deux flancs en même temps. Cependant ce devoir ne pouvait être rempli sans de grands dangers, car il était presque certain que la tête et les épaules d’un homme se mouvant au sommet du bâtiment attireraient l’œil de quelque Indien. Ce fut la première remarque que fit le capitaine en joignant son compagnon, et ce fut lui qui resta devant pour surveiller le dehors, afin que l’autre se tenant à quelque distance pût à un certain degré au moins éviter le danger.

— Je suppose, Blodget, que c’est la première fois que vous faites le service, dit le capitaine Willoughby, et il n’est pas aisé de pénétrer un jeune homme de l’importance d’une vigilance incessante contre les artifices des sauvages.

— J’admets la vérité de votre observation, Monsieur, répondit Btodget, quoique je ne croie pas qu’aucune tentative soit faite sur la maison avant que nous ayons reçu de l’ennemi un autre envoyé.

— Quelle raison avez-vous de le supposer ? demanda le capitaine un peu surpris.

— Il me semble déraisonnable pour des hommes de s’aventurer sur un chemin où ils risquent leur vie, quand un chemin plus aisé pour vaincre semble s’ouvrir à eux. Voilà tout ce que je pensais, capitaine Willoughby.

— Je crois que je vous comprends, Blodget. Vous pensez que Joël et ses amis ont si bien réussi à entraîner les premiers de nos