Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/300

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venturer bien loin dans la forêt. Les coups de hache guidaient aussi nos aventuriers, et ils purent bientôt s’assurer des progrès qu’ils avaient faits et du degré de sécurité qu’ils pouvaient avoir.

Le lecteur se rendra probablement compte de la nature du terrain sur lequel s’avançait ainsi la petite troupe. Le site du vieil étang des Castors a déjà été décrit. La vallée, vers le sud, se terminait aux rochers du moulin et devenait un vaste ravin ; à l’est, il y avait de hautes montagnes ; au nord, le terrain, nivelé, s’étendait à plusieurs milles ; à l’ouest, le long de la route que suivaient nos hommes, la forêt montrait ses riches surfaces boisées, pleines de promesses pour l’avenir. La plus haute des élévations était près de la Hutte, et c’est ce qui donnait à l’habitation l’aspect d’une vallée.

Le projet du capitaine Willoughby était de gagner le sommet de cette colline qui pourrait le guider, puisqu’elle terminait la ligne de rochers et atteignait la chute d’eau située derrière les moulins. Il se trouverait tout à fait au delà de la clairière, et tournerait ainsi le camp de l’ennemi. Une fois arrivé à ce brusque changement de terrain, causé par quelques phénomènes géologiques qui avaient arraché le rocher de sa base, il ne pourrait plus s’égarer, puisque ces marques raboteuses devaient le diriger vers l’endroit qu’il savait être occupé par le corps ennemi.

En une demi-heure, ils atteignirent le sommet, puis ils changèrent leur marche et se dirigèrent vers le sud.

— Le bruit des cognées se rapproche de plus en plus, sergent, fit observer le capitaine Willoughby après avoir longtemps marché dans un profond silence. Nous devons arriver près de l’endroit où sont les travailleurs.

— Que Votre Honneur réfléchisse sur toutes les raisons qui rendent ces camarades si actifs dans un moment comme celui-ci. Ça me fait l’effet d’une espèce d’embuscade.

— Ce n’est pas une embuscade, Joyce, puisqu’on ne nous suppose pas en route. D’ailleurs une embuscade ne se pratique pas sur une garnison.

— Je demande pardon à Votre Honneur ; pourquoi dans une sortie ne serait-on pas attaqué aussi bien qu’en marche ?

— Dans ce sens, vous pouvez avoir raison, et maintenant que vous m’y faites penser, je trouve étrange qu’on travaille avec tant d’ardeur dans ce moment-ci. Nous nous arrêterons quand nous