Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/147

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— Eh pien, ça n’être pas ce qui est dit des Américains en Europe nein, nein, on ne dit pas ça.

— Comment ! vous ne le croyez pas ? Vous ne croyez pas que c’est le plus grand pays du monde, et le plus loyal ?

— Eh pien, che ne sais pas. Ce bays est ce bays, et il est ce qu’il est, foilà.

— Oui, oui ; je pensais bien que vous viendriez à penser comme moi, quand nous arriverions à nous comprendre. Maintenant, ami, j’arrive au point capital ; mais, auparavant, jurez-moi de-ne pas me trahir.

— Ya, ya, che gomprends ; che dois churer ne pas fous trahir ; c’est pon.

— Levez la main. Attendez ; de quelle religion êtes-vous ?

— Chrétien, certainement. Che suis pas un chuif. Nein, nein ; che suis très, très-mauvais chrétien.

— Nous sommes tous assez mauvais ; je ne vois pas d’inconvénient à cela. Un peu de diablerie dans un homme l’aide à se pousser, surtout dans cette affaire qui nous concerne. Mais vous devez être quelque chose de plus qu’un chrétien, je suppose ; car nous appelons cela ici n’être d’aucune religion. De quelle religion spéciale êtes-vous ?

— Sbéciale ; che ne gomprends pas. Qu’est-ce une relichion sbéciale ? Vient-elle de Melanchton, de Luther, où vient-elle du Pape ? Qu’est-ce une relichion sbéciale ?

— Mais quelle religion patronisez-vous ? Êtes-vous pour la prière à genoux, ou pour la prière debout, ou pour ni l’une ni l’autre ? Il y a des gens qui croient qu’il vaut mieux se coucher pour prier, parce qu’on est sujet à moins de distractions.

— Che gomprends pas. Mais laissez la relichion et fenez au point capital.

— Ah ! voici. Vous êtes Allemand, et vous ne pouvez aimer les aristocrates. Ainsi je me fie à vous mais, si vous me trahissez, vous ne jouerez jamais plus un air de musique dans ce pays-ci ou dans un autre. Si vous voulez devenir un Indgien, jamais il ne s’en présentera une meilleure occasion.

— Un Indgien ! Quel pien cela fera d’être un Indgien ? Che croyais qu’il falait mieux être homme planc en Amérique ?

— Oh ! je veux dire un Indgien anti-rentiste. Nous avons si bien arrangé les affaires, qu’on peut devenir un Indgien, sans