Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/210

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que je suis son oncle : Hughes Littlepage est le propriétaire de toutes les terres que vous voyez autour de vous.

La réponse fut communiquée et, à notre grande surprise, plusieurs des Indiens nous entourèrent avec des témoignages d’intérêt et de respect.

— Hughes, dit mon oncle, les droits d’un propriétaire paraissent mieux appréciés parmi ces sauvages que parmi tes propres tenanciers. Mais voilà le vieux Holmes et son digne ami Shabbakuk qui retournent vers les bois ; nous pourrions bien avoir de nouveau affaire aux Indgiens ?

— Je ne le pense pas, monsieur. Il ne me paraît pas qu’il y ait assez de valeur dans cette tribu, pour faire face à celle-ci. En général l’homme blanc peut tenir tête à un Peau-Rouge ; mais il il est plus que probable que des chefs comme ceux-ci seraient de force à battre deux fois leur nombre de faquins de la trempe des misérables cachés là-bas !

— Pourquoi, reprit mon oncle, les chefs nous témoignent-ils tant d’intérêt ? Est-il possible qu’ils nous accordent tant de respect à cause de nos droits sur ce domaine ?

— Du tout, du tout. Ils savent, il est vrai, la différence qui existe entre un chef et le commun des hommes et vingt fois sur notre route, ils m’ont exprimé leur surprise, de voir que parmi les faces pâles il y a tant d’hommes communs ayant le rang de chefs ; mais ils ne se soucient guère des richesses. Le plus grand homme parmi eux est le plus vaillant sur le sentier de la guerre, le plus sage devant le feu du conseil, mais ils honorent ceux qui ont eu de grands et d’habiles ancêtres.

— Mais il semble que nous leur inspirions quelque intérêt profond et extraordinaire. Peut-être sont-ils surpris de voir des hommes de notre condition revêtus de ce costume.

— Mon Dieu, monsieur, quel souci peuvent avoir des vêtements des hommes accoutumés à voir revêtus de peaux les chefs des comptoirs et des forts. Ils savent qu’il y des jours de repos et des jours de travail ; des jours pour les vêtements ordinaires et des jours pour les plumes et la peinture. Non, non, ils vous regardent tous deux avec cet intérêt à cause de leurs traditions.

— Leurs traditions ! comment peuvent-elles se rapporter à nous ? Nous n’avons jamais eu affaire aux Indiens.

— Cela peut être vrai pour vous, et peut-être pour vos pères,