Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/217

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qu’un seul cri : « M. Hughes est de retour ! » J’avoue que je fus touché des marques d’intérêt et de sympathie que donnèrent tous nos domestiques intérieurs et extérieurs, en me voyant debout devant eux en bonne santé, sinon en belle tenue. Mon oncle aussi fut accueilli avec cordialité, et il se passa plusieurs minutes pendant lesquelles j’oubliai dans un véritable bonheur tous mes sujets de vexation.

Quoique ma grand’mère, ma sœur et Mary Warren n’eussent aucun lieu d’être surprises, les cris de joie appelèrent tout le monde sous le portique. M. Warren avait raconté ce qu’il avait vu des événements du jour ; mais ceux-là même qui étaient dans le secret, furent étonnés de nous voir revenir sans perruques et dans notre propre rôle. Quant à moi, je ne pus m’empêcher de remarquer la manière dont les quatre jeunes personnes vinrent à ma rencontre. Marthe vola dans mes bras, jeta ses bras autour de mon cou, m’embrassant sept ou huit fois sans s’arrêter. Vint ensuite mademoiselle Coldbrooke, avec Anne Warston s’appuyant sur son bras, toutes deux, grandement étonnées, et toutes deux belles et distinguées. Elles étaient contentes de me voir, quoiqu’il me parût qu’elles goûtaient peu mon costume. Mary Warren était derrière elles, souriant, rougissant, et timide mais il ne me fallut pas regarder longtemps pour voir qu’elle n’était pas moins enchantée que mes connaissances plus anciennes. M. Warren s’avoua heureux de pouvoir nous féliciter ouvertement, et de former une plus ample connaissance avec des personnes dont le retour avait été souhaité par lui avec anxiété et espérance depuis trois ou quatre ans.

Peu de minutes suffirent pour les explications dont une partie d’ailleurs, avait été faite par ceux qui étaient déjà initiés au secret, lorsque ma grand’mère et Patt nous engagèrent à monter dans nos chambres afin de nous habiller d’une manière plus convenable. Des vêtements d’été en grand nombre avaient été laissés par nous, et notre garde-robe avait été examinée le matin dans l’attente de notre prochaine apparition ; aussi ne nous fallut-il pas grand temps pour notre métamorphose. J’étais un peu plus gros qu’au moment de mon départ, mais les vêtements étant fort larges, je n’eus pas de difficulté à m’équiper. Je trouvai un superbe habit bleu pour les jours de cérémonie, et des vestes et pantalons ad libitum. Les vêtements, sont tellement à meilleur marché en Eu-