Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/223

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lailles, les journées de travail, etc., et il y a sur ces matières tous les vieux arguments captieux qui agissent sur les masses et produisent un certain effet politique, tandis que sur les autres propriétés, ces grands auxiliaires manquent. Il est clair comme le jour qu’il existe un plan concerté de transférer sur toutes les propriétés de l’État les droits des propriétaires aux tenanciers, et à des conditions injustement favorables aux derniers. Mais vous ne rencontrerez rien de la sorte dans les messages des gouverneurs ou les discours des législateurs, qui croient avoir tout dit lorsqu’ils ont parlé de la nécessité d’apaiser les plaintes des tenanciers, sans examiner si ces plaintes sont fondées ou non. Il est difficile de calculer le mal que l’on doit faire à la république, en montrant ce qui peut être effectué par des clameurs, et peut-être faudrait-il trente ans pour détruire les fâcheuses conséquences de l’exemple, quand même la coalition anti-rentiste serait entièrement vaincue demain.

— Je vois, dit M. Warren, que l’argument commun contre les propriétaires est le défaut de titre, quand rien de mieux ne peut être inventé. Le prédicateur aujourd’hui semblait condamner tout titre qui dériverait de la royauté, comme étant annulé par la défaite du monarque, par la guerre et la révolution.

— Ce serait un charmant résultat pour les faits glorieux des Litttepage. Mon père, mon grand-père, mon bisaïeul, ont tous pris les armes dans cette guerre, en faveur de la liberté ; les deux premiers en qualité d’officiers généraux, le dernier comme major, et la conséquence de leurs fatigues et des dangers qu’ils ont courus serait de les dépouiller de leurs propriétés. Je sais que ce ridicule prétexte a été invoqué même dans une cour de justice ; mais la folie et l’audace ne sont pas encore assez mûres parmi nous pour faire adopter une pareille doctrine. Cependant il est possible que ce mouvement soit l’aurore du jour prochain de la raison américaine, au lieu d’être le crépuscule laissé par les rayons éteints du soleil d’une période d’obscurité.

— Vous ne pensez sûrement pas, oncle Ro, dit Patt, que ces gens puissent réellement s’emparer des terres de Hughes ?

— Personne ne peut le savoir, ma chère car, assurément, personne n’est en sûreté quand des opinions et des actes semblables à ceux dont on est témoin depuis quelques années, peuvent avoir cours sans éveiller l’indignation générale. Vois les classes fi-