Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/331

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vieux amis Sénèque et son complice étaient au milieu des chefs. Au moment même où les Indgiens couvraient la pelouse, nous entendîmes le galop d’un cheval, et tous les yeux se tournèrent vers l’endroit d’où partait le son : c’était du côté du ravin, et il semblait que quelqu’un s’approchait à travers le vallon. Je ne me trompais pas ; car bientôt Opportunité, à cheval, se présenta à nos regards. Elle arrêta sa monture sous l’arbre, en descendit d’un seul bond, et, attachant la bride de l’animal à une branche, s’avança rapidement vers la maison. Ma sœur Patt descendit les marches du portique pour recevoir cette visite inattendue, et je me trouvai immédiatement derrière elle pour faire mon salut ; mais les manières d’Opportunité étaient brusques et loin d’être composées. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, reconnut la position de son frère, et me prenant le bras, m’entraîna sans cérémonie dans la bibliothèque car, pour rendre justice à cette jeune personne, elle était d’une grande énergie quand il s’agissait de quelque chose de sérieux. Rien ne sembla la détourner de l’objet qu’elle avait en vue, si ce n’est qu’elle s’arrêta un instant en passant devant ma grand’mère pour lui offrir ses hommages.

— Au nom du ciel, me dit-elle en m’adressant un regard moitié tendre, moitié hostile, que prétendez-vous faire de Sen ? Vous êtes sur un volcan, monsieur Hughes, sans vous en douter.

Opportunité confondait l’effet avec la cause ; mais c’était peu important dans une occasion aussi intéressante ; elle était très-sérieuse, et j’avais appris par expérience que ses conseils et ses renseignements pouvaient nous être d’une grande utilité.

— À quel danger particulier faites-vous allusion ma chère Opportunité ?

— Ah ! Hughes, si les choses étaient aujourd’hui ce qu’elles étaient autrefois, combien nous pourrions être heureux ensemble à Ravensnest ? Mais ce n’est pas le moment de parler de ces choses… Ne voyez-vous pas les Indgiens ?

— Parfaitement ; et ils voient probablement aussi mes Indiens.

— Oh ! ils ne les craignent guère, maintenant. D’abord, lorsqu’ils croyaient que vous aviez loué une bande d’hommes désespérés pour scalper les gens, il y a eu quelque mécompte ; mais on sait toute leur histoire, et personne ne les redoute. S’il y a des crânes dépouillés, ce seront les leurs. Tout le pays est debout, et le bruit court que vous avez amené avec vous une troupe de san-