Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/347

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raient. Quand le Face-Pâle chasse un autre Face-Pâle, il y a un traité ; ils ont fumé ensemble, et donné un wampum, et signé un papier. Voilà la différence. L’indien garde sa parole avec un Indien ; le Face-Pâle ne garde pas sa parole avec un Face-Pâle.

Susquesus cessa de parler, et les yeux de chaque chef se tournèrent pour la première fois vers les hommes déguisés. Un léger mouvement parcourut les rangs de ceux-ci, mais sans qu’il s’ensuivît aucune action, lorsque au milieu de la sensation qui se manifestait, Vol-d’Aigle se leva lentement, et avant que l’effet produit par Susquesus fût apaisé, ce nouvel orateur commença :

— Mes frères, dit-il en s’adressant aux Indgiens aussi bien qu’à ses autres auditeurs, vous avez entendu les paroles de la vieillesse. Ce sont des paroles de sagesse ; ce sont des paroles de vérité. L’intègre Onondago ne peut pas mentir ; il ne l’a jamais pu. Le Grand Esprit a fait de lui un Indien juste, et l’Indien reste ce que le Grand Esprit l’a fait. Mes frères, je vous dirai son histoire ; il sera bon pour vous de l’entendre. Nous avons entendu votre histoire, d’abord de l’interprète, puis de Susquesus. C’est une méchante histoire. Nous nous sommes attristés lorsque nous l’avons entendue. Ce qui est bien doit être fait ; ce qui est mal ne doit-pas être fait. Il y a de mauvais hommes rouges et de bons hommes rouges ; il y a de mauvais Faces-Pâles et de bons Faces-Pâles. Les bons hommes rouges et les bons Faces-Pâles font ce qui est bien, les mauvais font ce qui est mal. Le Grand Esprit de l’Indien et le Grand Esprit des blancs est le même ; il en est ainsi des méchants esprits. Il n’y a pas de différence en cela.

« Mes frères, un homme rouge sait dans son cœur lorsqu’il fait ce qui est bien et lorsqu’il fait ce qui est mal. Il n’a pas besoin qu’on le lui dise ; il se le dit à lui-même. Sa face est rouge, et il ne peut pas changer de couleur. La peinture est trop épaisse. Quand il se dit à lui-même combien il a fait de mal, il va dans les buissons et devient triste. Lorsqu’il en sort, il est devenu meilleur.

« Mes frères, il n’en est pas ainsi avec le Face-Pâle. Il est blanc, et ne se sert d’aucune pierre pour se peindre. Quand il se dit qu’il a fait mal, sa face se peint d’elle-même. Tout le monde peut voir qu’il a honte. Il ne va pas dans les buissons ; cela ne ferait aucun bien. Sa face se peint si promptement qu’il n’en aurait pas le temps. Il cache sa face dans un sac de calicot. Cela n’est pas bien, mais cela vaut mieux que d’être montré au doigt.