Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/355

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promet des peaux, il les apporte, quoique aucune loi ne puisse le suivre dans les bois pour l’y contraindre. La promesse va avec lui ; la promesse est plus forte que des chaînes ; elle le ramène.

« Mes enfants, n’oubliez jamais ceci vous n’êtes pas des Faces-Pâles pour dire une chose et en faire une autre. Ce que vous dites, vous le faites. Quand vous faites une loi, vous l’observez ; cela est bien. Aucun homme rouge ne demande le wigwam d’un autre. S’il veut un wigwam, il en bâtit un lui-même ; il n’en est pas ainsi des Faces-Pâtes : l’homme qui n’a pas de wigwam cherche à prendre celui de son voisin. Pendant qu’il agit ainsi, il lit sa bible et va à l’église. J’ai quelquefois pensé que plus il lisait ou priait, plus il essayait d’entrer dans le wigwam de son voisin. C’est ce qui semble du moins à l’Indien mais peut-être qu’il n’en est pas ainsi. »

« Mes enfants, l’homme rouge est son propre maître ; il va et vient comme il lui plaît. Si les jeunes gens ouvrent le sentier de guerre, il peut l’ouvrir aussi. Il peut aller sur le sentier de guerre, ou chasser, ou rester dans son wigwam. Tout ce qu’il doit faire est de garder sa promesse, ne pas voler, et ne pas s’introduire furtivement dans le wigwam d’un autre homme rouge. Il est son propre maître. Il ne le dit pas, mais il l’est. Comment en est-il avec les Faces-Pâles ? Ils disent qu’ils sont libres quand le soleil se lève ; ils disent qu’ils sont libres quand le soleil est au-dessus de leurs têtes ; ils disent qu’ils sont libres quand le soleil descend derrière les montagnes. Ils ne cessent jamais de dire qu’ils sont leurs propres maîtres. Ils parlent de cela plus qu’ils ne lisent leur bible. J’ai vécu près de cent ans au milieu d’eux, et je sais ce qu’ils sont. Ils font cela et puis ils prennent le wigwam d’un autre. Ils parlent de liberté, et puis ils disent : Vous aurez cette ferme, vous n’aurez pas celle-là. Ils parlent de liberté, et s’appellent l’un l’autre pour mettre des masques de calicot, et pour que cinquante hommes en maltraitent un seul. Ils parlent de liberté, et veulent tout avoir à leur fantaisie. »

« Mes enfants, ces Faces-Pâles devraient retourner avec vous dans les prairies, et apprendre ce qui est juste. Je ne suis pas étonné qu’ils cachent leurs figures dans des sacs ; ils doivent se sentir honteux. »

« Mes enfants, c’est la dernière fois que vous entendez ma voix. La langue d’un vieillard ne peut se mouvoir à jamais. Voici mon