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Alors le missionnaire, lui mettant, la couronne sûr la tête, lui dit :

« Pomaré, je vous couronne roi de Tahiti, de Morea et des archipels voisins. »

Et le peuple de s’écrier : « Vive le Roi » ! puis une amnistie générale fut prononcée, et de grandes réjouissances publiques ordonnées.

Le lendemain du sacre, le jeune roi rentrait à l’école que les missionnaires avaient fondée à Morea, sous le titre pompeux d’Académie des mers du Sud ; il montrait beaucoup d’intelligence et promettait d’être tout dévoué à ses maîtres, lorsqu’une épidémie de dyssenterie, qui faisait de grands ravages dans l’île, l’emporta.

Pomaré III mourut en 1827, laissant la couronne à sa sœur Aimata, âgée seulement de 12 ans.

Cette jeune princesse était apte à succéder à son frère, en vertu de la Constitution tahitienne qui avait été calquée, dans ses éléments principaux, sur la Constitution anglaise, et, selon la coutume tahitienne aussi, elle prit le nom de son père, et se fit appeler Pomaré IV ou Pomaré Vahiné.

Son avènement dérouta un peu les missionnaires : la fin subite de leur élève les avait pris au dépourvu. Les Tahitiens profitèrent de leur déconvenue momentanée, et une réaction signalée eut lieu dans les mœurs comme dans les coutumes.

Repoussant les idées de piété et de dévotion qu’ils avaient eues jusque-là, les habitants de Tahiti, encouragés tacitement par la jeune reine, et surtout par son entourage, recommencèrent leurs anciennes orgies, et laissant de côté ce qu’ils trouvaient gênant dans la religion chrétiens formèrent une nou-