Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/442

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Mais apprenez qu’Auguste est moins tyran que vous.
S’il nous ôte à son gré nos biens, nos jours, nos femmes,
Il n’a point jusqu’ici tyrannisé nos âmes
Mais l’empire inhumain qu’exercent vos beautés
Force jusqu’aux esprits et jusqu’aux volontés.
Vous me faites priser ce qui me déshonore
Vous me faites haïr ce que mon âme adore
Vous me faites répandre un sang pour qui je dois
Exposer tout le mien et mille et mille fois:
Vous le voulez, j’y cours, ma parole est donnée&#160 ; ;
Mais ma main, aussitôt contre mon sein tournée,
Aux mânes d’un tel prince immolant votre amant,
A mon crime forcé joindra mon châtiment,
Et par cette action dans l’autre confondue,
Recouvrera ma gloire aussitôt que perdue.
Adieu.


Scène 5

Émilie, Fulvie



Fulvie

Vous avez mis son âme au désespoir.


Émilie

Qu’il cesse de m’aimer, ou suive son devoir.


Fulvie

Il va vous obéir aux dépens de sa vie :
Vous en pleurez&#160 ; !

{{Personnage|Ém