Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/458

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J’en présume encor plus.
Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures
Mais n’espère non plus m’éblouir de parjures.
Si c’est te faire tort que de m’en défier,
Viens mourir avec moi pour te justifier.


Maxime

Vivez, belle Emilie, et souffrez qu’un esclave…


Émilie

Je ne t’écoute plus qu’en présence d’Octave.
Allons, Fulvie, allons.


Scène 6


Maxime

Désespéré, confus,
Et digne, s’il se peut, d’un plus cruel refus,
Que résous-tu, Maxime&#160 ; ? et quel est le supplice
Que ta vertu prépare à ton vain artifice&#160 ; ?
Aucune illusion ne te doit plus flatter :
Emilie en mourant va tout faire éclater
Sur un même échafaud la perte de sa vie
Etalera sa gloire et ton ignominie
Et sa mort va laisser à la postérité
L’infâme souvenir de ta déloyauté.
Un même jour t’a vu, par une fausse adresse,
Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse,
Sans que de tant de droits en un jour violés,
Sans que de deux amants au tyran immolés,
Il te reste aucun fruit que la honte et la rage