Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/470

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Mais enfin le ciel m’aime, et ses bienfaits nouveaux
Ont enlevé Maxime à la fureur des eaux.
Approche, seul ami que j’éprouve fidèle.


Maxime

Honorez moins, seigneur, une âme criminelle.


Auguste

Ne parlons plus de crime après ton repentir,
Après que du péril tu m’as su garantir
C’est à toi que je dois et le jour et l’empire.


Maxime

De tous vos ennemis connaissez mieux le pire :
Si vous régnez encor, seigneur, si vous vivez,
C’est ma jalouse rage à qui vous le devez.
Un vertueux remords n’a point touché mon âme
Pour perdre mon rival, j’ai découvert sa trame
Euphorbe vous a feint que je m’étais noyé
De crainte qu’après moi vous n’eussiez envoyé :
Je voulais avoir lieu d’abuser Emilie,
Effrayer son esprit, la tirer d’Italie,
Et pensais la résoudre à cet enlèvement
Sous l’espoir du retour pour venger son amant
Mais au lieu de goûter ces grossières amorces,
Sa vertu combattue a redoublé ses forces,