Page:Corneille - Imitation de Jésus-Christ, édition 1862.djvu/463

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Lorsque toute la chair eut corrompu sa voie,
nous savons que des eaux elle devint la proie,
cependant nous ne tremblons point.

L’affection interne étant toute gâtée,
les objets dont l’âme est flattée
n’y faisant qu’une impure et folle impression,
il faut bien que l’effet, pareil à son principe,
pour marque qu’au dedans la vigueur se dissipe,
porte même corruption.

Quand un cœur est bien pur, une vertu solide
à tous ses mouvements préside ;
la bonne et sainte vie en est le digne fruit ;
mais ce dedans n’est pas ce que l’on considère,
et depuis qu’une fois l’effet a de quoi plaire,
n’importe comme il est produit.

La beauté, le savoir, les forces, la richesse,
l’heureux travail, la haute adresse,
c’est ce qu’on examine, et qui fait estimer :
qu’un homme soit dévot, patient, humble, affable,
qu’il soit pauvre d’esprit, recueilli, charitable,
on ne daigne s’en informer.

Ce n’est qu’à ces dehors que se prend la nature