Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/107

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SUR LES COMÉDIES xciii

épouser la spirituelle Hippolyte, si sceptique à l'égard des hyper- boles de convention :

Ces jours passés, un poëte qui m'adore,

(Du moins à ce qu'il dit) m'égalait à l'Aurore*.

Dana VAstrée même, à tant de galanterie un peu fade se mêle une note ironique; c'est Hylas, un berger railleur, qui la fait entendre. Il y a plus d'un Hylas chez Corneille. Tant pis pour ceux qui ne savent pas sourire et, d'un ton grave, récitent leur rôle de « mourants » imaginaires! Voici sur quel haut style se met tout d'abord l'agent de Florange, prétendant à la main de Doris :

��11 n'a point encor vu âe miracles pareils : Ses yeux, à son avis, sont autant de soleils... C'est le seul ornement de la machine ronde. L'amour à ses regards allume son flambeau, Et souvent pour la voir il ôte son bandeau. Diane n'eut jamais une si belle taille ; Auprès d'elle Vénus ne serait rien qui vaille ; Ce ne sont rien que lis et roses que son teint.

Mais la mère de Doris répond eji souriant :

II dit ce qu'il a lu*. •

En plus d'un passage de ce genre. Corneille semble annoncer Boileau, dont le clair bon sens dissipera ces galantes billevesées. Ne croit-on pas aussi entendre d'avance la Fontaine lorsqu'on lit ailleurs :

On trompeur en moi trouve un trompeur et demi*.

Combien de ces maximes, ou plaisantes, ou touchantes, sont cernées çà. et làl

��i. La Galerie du Palais. III, 8 î. La Veuve. I, ■*. 3. La Veuve. IV, 7.

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