Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/159

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ETUDE SUR MEDEE c\lv!

tliez M. de Sourdéac, au château de Neubourg, eu Normandie, puis, avec les mêmes décors et les mêmes machines, sur le tbéàtre du Marais. LamagniBcence toute nouvelle de ces machines et de ces décors, voila quelle fut, sans aucun doute, la cause principale du succès ; les témoignages contemporains le prouvent asspz, et Corneille n'a pas voulu qu'on l'ignorât. Dans ses Desseins df la Toison d'or, il insiste longuement sur ce que les ornements extérieurs de sa pièce ont d'éclatant, surtout d'original; il remarque, par exemple, qu'à la fin du quatrième acte, 1 Amour, en s'envolant, traverse l'air'" non pas d'un côté du théâtre à l'autre, mais d'un bout à l'autre, et il ajoute : « Les curieux qui voudront bien considérer ce vol le trouveront assez extraordi- naire, et je ne me souviens point d'en avoir vu de cette manière. » Plus loin, il admire avec la mènie na'iveté le vol des fils de Borée • « L'art des machines n'a rien encore fait voir à la France de plus beau, ni de plus ingénieux que ce combat. Jusqu'ici nous n'avons point vu de vols sur nos théâtres qui u'ayent été tout à l'ait de bas en haut, ou de haut en bas, comme ceux d'Andromède; mais de descendre des nues au milieu de l'air, et se relever aussitôt sans prendre terre, joignant ainsi les deux mouvements, et se retourner à la vue des spectateurs, pour recommencer dix fois la même descente, avec la même facilité que la première, je ne puis mempêcher de dire qu'on n'a rien encore vu de si surprenant,, ni qui soit exécuté avec autant de justesse. » Enfin, il nous prie d'ob?erver qu'en ce même troisième acte, on découvre à la fois trois palais, ceux d'Aète, du Soleil et de Jupiter : « Ces trois théâtres qu'on voit tout d'une vue fout un spectacle tout à fait agréable et majestueux. »

Après ces éloges que le poète se décerne à lui-même en même temps qu'au décorateur, il est clair qu'à ses yeux, comme aux yeux de ses contemporains, la composition dramatique, qu'il inti- tule improprement » tragédie », s'adresse plus encore aux sens qua l'inlelligence du speclateur. Toutefois, la Toison d'or est très supérieure aux féeries-ballets de nos théâtres modernes. Il est de radition de n'en citer que le prologue, où l'on a raison d'admirer ces vers si hardis et si pleins, dits par la France à la Victoire

A vaincre tant de fois mes forces s'affaiblissent :

L'Etat est ilûI•i^sant, nr.iis les peuples gémissent; Leurs membres décharnés courbent sous mes bauts faits, Et la gloire du trône accable les sujets. . Vos dons sont à chérir, mais la suite «st a craindre :

Pour faire deui héros ils font cent malheureux.

U st vrai que Mars proteste contre un pareil langage; mais la'

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