Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/374

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D’un naufrage certain nous porte la menace :
Je n'en saurais douter, je péris dans le port
J'aimais, j'étais aimée, et nos pères d'accord,
Et je vous en contais la charmante nouvelle
Au malheureux moment que naissait leur querelle,
Dont le récit fatal, sitôt qu'on vous l’a fait,
D’une si douce attente a ruiné l’effet.
Maudite ambition, détestable manie,
Dont les plus généreux soutirent la tyrannie!
Honneur impitoyable à mes plus chers désirs,
Que tu vas me coûter de pleurs et de soupirs !

L’INFANTE.

Tu n’as dans leur querelle aucun sujet de craindre :
Un moment l'a fait naître, un moment va l'éteindre.
Elle a fait trop de bruit pour ne pas s'accorder,
Puisque déjà le roi les veut accommoder ;

Je changeai d'un seul mot la tempête en bonaee. {Menteur, 673.) Bien aue M Littré cite un exemple de bo7iace dans Saint-Simon, il est certain

que le mot avait vieilli même avant la fin du xvu' siècle. 453. Var. Et je vous en contais la première nouvelle. (1637-56.) 454 Oue pour où, très fréquent cher Corneille et ses contemporains : « Un

jouTviendra 9«. pa^ toute la terre. » [Borace, 967.) « Ce moment que je vous

^'AS^T'^rL'affitTcfnrqufest une faim d'honneurs, est une bien douce passion qui s; coule aisément es esprits plus généreux et ne s en t.re qu avec peine. icLrlcn <sanesse I, 21.) — Manie a longtemps eu le sens du grec (.«via, &ment,au^ physique et au moral. Deux lers de Rotrou marquent bien ce double sens :

Dieu.x ! iiuelle extravagance égale sa manie ? (Filandre, W, 6.) Onelle fwcur, bnns dieux! quelle manie extrême „, .^ \

Vous fait tant oublier votre honneur et vous-même? {Llanee, IV, ♦.) Daos son Lexique de Racine, M. Mesnard cite cet exemple unique : Ah! que me dites-vous? Quelle étrange manie Vous peut faire envier le sort d'Iphigenie? (Iphigéme. lOgS.)

459. Yar. Impitoyable honneur, mortel à mes plaisirs. (1637-56.)

Impitoyable à, sans pitié pour :

Le ciel sest donc lassé de m'ètre impitoyable ! (Sertonu*. 16*t.)

« Pour M. le Coadjuteur, je vous assure que je suis impitoyable à sesloaguet •t cruelles froideurs. " (Sàvi^né, mai 1600.)

463 « 11 faut dire « pour n'être pas accordée », car elle ne stccorae poinl pUp même .. (Scudéry.) - « L'Observateur a mal repris cet endroit, car on di ^accorde^ pour être accordé. » (Académie.) Depuis, la locution efre accorde, être terminé par un accord, par une réconciliation a elle-même vieilli.

4M X ve,U accommoder, veut les réconcilier. « On arrête les proces on accommode les différends. » (Bourdaloue. Pensées.) « 11 ny a point d arbitre "ntre n^is pour nous acc<mmoder. » (Racine. Annotation, du Lxvf de Job.)