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avec la rue qui conduit à la porte Arnaud-Bernard ; du Midi, avec la rue qui sépare l’hôpital de cette maison.

Cet acte fut signé à Agen, en présence de l’inquisiteur frère Raymond de Caux, de l’official du diocèse, d’Arnaud de Cassanels, citoyen d’Agen. Le notaire qui rédigea l’acte s’appelait Aymeric de Casals.

Au mois de mai 1256, les nouveaux inquisiteurs, les frères Réginald de Chartres et Jean de Saint-Pierre approuvent, renouvellent et confirment cette donation ; ils demandent que cette maison avec sa cour intérieure ne fasse plus qu’un avec l’hôpital qui est en face, et pour faciliter cette union, ils exigent que l’on construise, sur la rue qui les sépare, un pont de pierre ou de brique porté sur des arceaux voûtés, « per pontem arcuatum lapideum seu latericium, super carreriam publicam ». La porte de cette maison sera donc murée et la communication avec l’hôpital se fera uniquement par ce pont jeté sur la rue. Des chambres pour les pauvres écoliers y seront préparées et toutes réparations nécessaires le feront aux frais de l’abbé de Saint-Sernin.

Tout le monastère était présent, l’abbé Bernard de Gensac A. Auriol, prieur claustral ; B. Bégon, camérier ; B. de Suc, aumônier ; Vital, prieur de Grisolles ; Guillaume-Raymond Simon, prieur de Calmont ; P. de Laroche, célérier-infirmier ; B. de Prignac, ouvrier ; Guillaume Beulier, prieur de Blagnac ; B. de Maresis, sacristain, et d’autres religieux réunis pour accepter cette donation et promettre d’en remplir les clauses.

Les témoins pour l’inquisiteur étaient Raymond de Foix, prieur des Frères-Prêcheurs ; frère Guillaume Goti, gardien du couvent des Mineurs, et le chanoine Roger de Comminges, grand-chantre du Chapitre cathédral.

Avais-je raison de le dire ? L’Inquisition était au berceau du collège Saint-Raymond, et j’ai ajouté : l’Université.

Par le traité du 12 avril 1229, aussi désastreux qu’humiliant, le comte de Toulouse, vaincu et dépouillé, s’engageait, entre autres choses, à payer quatre mille marcs d’argent pour entretenir, pendant dix ans, quatre maîtres de théologie, deux en droit canonique, six maîtres ès arts et deux régents de grammaire. La célèbre Université de Toulouse était fondée : elle fut au début un instrument de combat contre l’hérésie et les différentes chaires en furent confiées aux Ordres Mendiants, Dominicains et Franciscains, dont la fidélité au Saint-Siège et l’orthodoxie étaient au-dessus de tout soupçon.