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commentaire et critique

racinés » comme des figures flottant dans une atmosphère imprécise ? C’est là toutefois un point de vue auquel s’opposent de très vieux préjugés. Il faudra du temps pour se rendre compte des maux pédagogiques qu’a engendrés chez les adolescents le cours de littérature. Beaucoup auraient été saisis d’admiration et impressionnés à jamais par l’Iliade et l’Odyssée si on leur avait rendu ces chefs-d’œuvre accessibles par une belle traduction convenablement enchâssée dans sa monture historique. Ce n’est pas seulement parce qu’on les a condamnés à en détailler laborieusement, à l’aide de la grammaire et du dictionnaire, le squelette inanimé que la porte de la compréhension et de l’émotion s’en est à jamais fermée pour eux. C’est encore et surtout parce que tout le paysage environnant avait disparu. Or, nous parlons là de ceux qui ont appris le grec ! En latin, si les Commentaires de César écrits en un style très simple laissent encore dans l’esprit de l’élève une vague, bien vague idée de la Gaule qu’il subjugua, les pénibles et brèves trouées conduites au travers des textes de Tacite n’aboutissent à aucune véritable clairière concernant la Germanie d’alors et les mœurs de ses habitants. Intervienne une lec-