Page:Coubertin L utilisation pedagogique de l activite sportive 1928.djvu/2

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La séance qui a eu lieu récemment dans l’aula de l’université de Lausanne par les soins de la Municipalité, laquelle a donné ensuite une réception au Palace, peut être considérée comme la mise en marche officielle du nouveau Bureau international de pédagogie sportive. M. Pierre de Coubertin qui en a accepté la direction, a fait à cette occasion une conférence sur l’utilisation pédagogique de l’activité sportive dont nous publions aujourd’hui la majeur partie et qui a toute la portée d’un manifeste.

Après un exorde d’allures littéraires où l’orateur s’est plu à rapprocher le type du Paterne grincheux de Jean de Pierrefeu et la gracieuse silhouette de Jacques Peyronny, le petit capitaine de football dessiné par Montherlant « avec ses quatorze ans solides, son autorité de chef d’équipe, son souci de l’hygiène sportive, sa régularité de collégien consciencieux, si sain, si normal, inquiétant néanmoins par son égotisme tacite. » M. de Coubertin a indiqué dans quelle mesure restreinte il admettait qu’il y eut matière à redressement. Après avoir localisé le mal géographiquement « faut-il donc, a-t-il dit, englober dans les réprobations de M. Paterne les gymnastes et les escrimeurs et les nageurs et les rameurs…? Sont-ils donc corrompus tous ceux-là ? Alors si — les justes éliminations opérées — ne demeurent sur la sellette que les représentants du football, du tennis et de la course à pied, vous avouerez que voilà pour commencer un singulier rétrécissement du champ de critique ». Jusqu’à quel point ceux-là sont-ils responsables ? N’a-t-on pas tout fait pour les corrompre ? Et d’abord en multipliant les stades.