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Page:Courant - Sommaire et historique des cultes coréens, 1899.pdf/12

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MAURICE COURANT.

Au Sin-ra, « sous le roi Nam-hai, 南解, 2e règne, la 3e année (6 p. C.), au printemps, pour la première fois on éleva le temple de Si-tjo Hyek-ke-syei, 始祖赫居世 ; aux quatre saisons, on lui fit des sacrifices. Sa propre sœur cadette, A-ro, 阿老, présida aux sacrifices. Le roi Tji-tjeung, 智證 (500 — 514), 22e règne, à Nai-eul, 奈乙, lieu de naissance de Si-tjo, fonda un temple pour lui sacrifier. Arrivé au 36e règne, le roi Hyei-kong, 惠恭 (765—780) pour la première fois détermina les cinq temples : il prit le roi Mi-tuhou, 味鄒 (262–284), pour premier ancêtre 始祖 de la famille Kim,  ; les rois Htai-tjong 太宗 (654–661) et Moun-mou 文武 (661–681), ayant pacifié le Paik-tjyei et le Ko-kou-rye, et ayant de grands mérites, furent l'un et l’autre des ancêtres dont les générations successives ne [devaient] pas abolir [le culte] ; en y joignant ses deux temples les plus proches, cela fit cinq temples » (S.k.s.k.).

Je n’accorde qu’une importance médiocre à la date de l’an 6 de l’ère chrétienne : l’histoire de cette époque reculée ne peut être acceptée que comme l’écho d’une tradition plus ou moins précise. Du moins peut-on retenir que la tradition fait remonter jusqu’à la mort même de Hyek-ke-syei le culte de ce fondateur du royaume ; une femme fut chargée de présider aux cérémonies, coutume étrangère à la Chine et qui rappelle le Japon, avec les prêtresses de race impériale, oho mi kamu no ko, 大御巫, des temples d’Ise, 伊勢, et de Kamo, 賀茂. En Chine, le Fils du ciel avait sept temples pour ses ancêtres, les feudataires en avaient cinq : le décret du roi Hyei-kong marque donc la reconnaissance officielle de l’influence des rites chinois. Mi-tchou, qui fut considéré comme premier ancêtre, est le premier personnage de la famille Kim qui soit monté sur le trône, mais cette famille tirait son origine de Al-tji, 閼智, qui fut élevé par le roi Htal-bai, 脫解 (57 — 80) et qui devint premier ministre. Les deux derniers temples furent ceux du