Page:Courier Longus 1825.djvu/50

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été paresseux. Car et le matin dès que leurs troupeaux commençoient à paître, ils les venoient d’abord saluer, et le soir retournant de pâture, les alloient derechef adorer ; et jamais n’y alloient qu’ils ne leur portassent quelque offrande, tantôt des fleurs, tantôt des fruits, une fois de la ramée verte, et une autre fois quelque libation de lait ; dont puis après ils reçurent des déesses bien ample récompense. Mais pour lors ils folâtroient comme deux jeunes levrons, ils sautoient, ils flûtoient ensemble, ils chantoient, luttoient bras à bras l’un contre l’autre, à l’envi de leurs béliers et bouquins.

Et ainsi comme ils s’ébattoient, survint un vieillard portant grosse cape de poil de chèvre, des sabots en ses pieds, panetière à son col, vieille aussi la panetière. Se séant auprès d’eux, il se prit à leur dire : « Le bon homme Philétas, enfants, c’est moi, qui jadis ai chanté maintes chansons à ces Nymphes, maintefois ai joué