Page:Courier Longus 1825.djvu/67

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vieillards, ayant les mains rudes, endurcies du labeur des champs, prirent très bien sa défense contre les jeunes Méthymniens, en leur remontrant qu’il falloit entendre du moins ce garçon, pour voir s’il avoit tort, et que chacun dît ses raisons. Ceux de Méthymne le voulurent, et d’un commun accord on élut pour arbitre le bouvier Philétas, à cause que c’étoit le plus ancien qui se trouvât là présent, et qu’entre ceux de son village, il avoit le bruit d’être homme de grande foi et loyauté. Adonc les jeunes gens prenant la parole, firent en termes courts et clairs leur plainte de telle sorte, devant le juge bouvier :

« Nous étions descendus en ces champs pour chasser, et avions attaché notre barque au rivage avec une hart d’osier vert, puis nous nous étions mis en quête avec nos chiens, et cependant les chèvres de celui-ci sont venues, ont mangé l’osier dont notre bateau étoit