Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/379

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LETTRE DE M. EMILE DESCHA>*EL

« Mon cher Baudelaire,

» Je trouve ton petit mot en arrivant de Mulhouse, où je viens de faire des conférences. Le feuilleton en question i) est dans les Débals du i5 octobre i864— Je n’ai par le temps du tout d’aller te le chercher, attendu que je dois faire ce soir ma conférence ordinaire rue

pondance, et il n’est que rarement question de Delacroix dans les Lettres. Citons toutefois ce significatif passage d’une lettre à M. Jules Troubat (5 mars 1866) : « J’ai été bien heureux d’apprendre le rétablissement de SainteBeuve. Je n’ai éprouvé d’émotions de ce genre, pour la santé d’autrui, que pour E. Delacroix qui était pourtant un grand égoïste. Mais les affections me viennent beaucoup de l’esprit.

Une note de M. Buisson explique peut-être la réserve dont Baudelaire tempère ici la protestation de sa sympathie :

« Delacroix le [Baudelaire] remerciait beaucoup. Mais je sais qu’il s’est plaint, dans l’intimité, du critique qui trouvait à louer dans sa peinture je ne sais quoi de malade, le manque de santé, la mélancolie opiniâtre, le plombé de la fièvre, la nitescence anormale et bizarre de la maladie. — « Il m’ennuie à la fin », disait-il, car vous pouvez croire, Monsieur, que le goût du blet, aujourd’hui à la mode, n’était nullement de son goût, — du goût de Delacroix. »

(1) Nous avons parlé de ce feuilleton dans I’Etude biographique. M. Emile Deschanel y donnait quelques vers rimes par son ancien condisciple « pendant les classes de mathématiques ». — Lettre communiquée par M. Albert Ancelle.