Page:Cros - Le Collier de griffes, 1908.djvu/233

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gentilshommes et contre toutes les darnes de la cour. La princesse I, ce sera plus facile, elle rit toujours : nous la donnerons à un prince écervelé. Quant à la troisième, la petite OU, ça se fera sans nous ; elle a toujours peur, elle veut se sauver dans les bois, mais elle est à croquer.

La reine dit au roi :

— Que Votre Majesté n’oublie pas que nos trois princesses n’ont à elles trois qu’une seule chemise (bien légère), cadeau de leur marraine, la fée Araignée. Le peuple est écrasé d’impôts, et les tabacs ne nous fourniront jamais de quoi leur acheter d’autres chemises.

Le roi O dit :

— Oh !

Boum, boum, boum ! Qu’est-ce que c’est ? le canon ! Ah ! c’est une visite d’à côté. Est-ce le roi de Derrière-les-fagots, le voisin ? Non, ce sont ses trois fils, le prince P, le prince T et le prince K. — Dis donc, bobonne, il y aurait peut-être moyen de placer nos trois princesses… Eh ! c’est à toi que je parle, dis donc, la reine, É, É, É. Tu dors ?

— Sire, mariez-les comme il vous plaira.

(Boum, boum !) Levons-nous, sire, et allons nous asseoir sur nos trônes, pour recevoir les princes.

Il faut dire que le roi X de Derrière-les-fagots n’était pas plus riche que le roi O. Il avait prié l’enchanteur Merlin d’être le parrain d’un fils, qui lui était promis par la reine Z. Mais quand Merlin vint au baptême, il vit qu’au lieu d’un fils, la reine Z en avait