Page:Curie - Traité de radioactivité, 1910, tome 2.djvu/125

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des courbes expérimentales montre que l’interprétation théorique de leur forme offre encore quelque incertitude. Pour s’en rendre compte, il est utile de discuter de quelle manière la forme de la courbe dépend des conditions de l’expérience.

On peut remarquer tout d’abord que les rayons ne peuvent être rigoureusement normaux à la surface active. La valeur mesurée de correspond en réalité à des rayons dont l’inclinaison sur la normale varie entre certaines limites. Cependant l’effet de l’obliquité devient très faible dès qu’on réalise une canalisation assez parfaite du faisceau. Ainsi pour un rayon émis normalement et pour un rayon émis dans une direction qui fait avec la normale un angle égal à 0,1 ou 5°,7, les distances limites qui peuvent être atteintes ne diffèrent que de la fraction 0,005 du parcours supposé le même dans les deux cas ; il en résulte que pour ces rayons les portions égales de leurs trajets qui correspondent à une même distance moyenne peuvent être, en général, considérées comme se correspondant avec une approximation suffisante.

Considérons maintenant l’influence de la profondeur de la chambre d’ionisation. En raison de la variation du pouvoir ionisant avec il n’est pas facile de traiter ce cas par la théorie, mais on peut le discuter sur la base de données expérimentales. La valeur de qu’on aurait avec une chambre de profondeur 2mm et pour est évidemment la somme des valeurs de obtenues avec une chambre de profondeur mm pour 0mm,5 et 0mm,5. Si l’on a obtenu la courbe d’ionisation expérimentale relative à une certaine substance en se servant d’une chambre pour laquelle mm, on pourra donc construire les courbes d’ionisation qu’on aurait obtenues avec des chambres pour lesquelles 2mm, 3mm, etc. Portons en abscisses la valeur de et en ordonnées la valeur de qui correspond à une même distance les points obtenus viennent se placer sur une courbe, qui permet de déduire par extrapolation la valeur de qu’on aurait obtenue avec une chambre infiniment étroite En recommençant cette construction pour différentes distances on peut construire la courbe d’ionisation limite qui correspond à une profondeur négligeable de la chambre, le dispositif expérimental