Aller au contenu

Page:Déjacque - La Question révolutionnaire, 1854.djvu/15

La bibliothèque libre.
Cette page n’a pas encore été corrigée

Il est dans la loi au même titre que les assemblées représentatives, législative ou constituante, octroyant charte ou lois au peuple ; que le gouvernement provisoire lançant du Sinaï de l’Hôtel de Ville ses décrets et ses proconsuls sur la Révolution. Comme eux, et plus qu’eux, il a pour lui la sanction du suffrage universel.

Sur ce point, pas de contestation sérieuse possible. Non, Louis Bonaparte n’est pas hors la loi, – hors la loi politique, s’entend.

Mais, autre chose est le droit, autre chose est la loi sociale, la loi humaine, la loi naturelle.

Là encore, M. Bonaparte est-il dans la loi ? Evidemment non. Il n’y est pas plus que le Gouvernement provisoire escamotant à son profit la victoire de février ; commettant les 45 centimes ; faisant battre le rappel de l’ignorance et de la peur contre la manifestation populaire du 16 avril ; rappelant, pour ses complots occultes, l’armée au cœur de Paris ; présidant aux massacres de Rouen, et, sous le nom de Commission exécutive, à la réaction du 15 mai, à la loi contre le droit de réunion. Pas plus que la Constituante, assemblée de républicains de la veille, en mal d’enfant d’une constitution bourgeoise, montagne accouchant d’une souris ; la Constituante emprisonnant, déportant, fusillant, guillotinant le socialisme en juin 48 ; se mettant, au mépris de la liberté des peuples et de sa déclaration solennelle, en campagne contre la liberté romaine. Pas plus que la Législative votant et promulguant à merci l’impôt sur la misère ; la suppression des mandants par les mandataires, l’exécution capitale du suffrage universel ; toute