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Page:Déjacque - La Question révolutionnaire, 1854.djvu/17

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après l’avoir vidée, s’enfuyant en emportant dans sa fuite butin et affranchissement scellés du sceau d’un meurtre ?

Qui de vous oserait jeter l’anathème au républicain de la vieille Rome qui, voulant délivrer la République d’un tyran, plonge son poignard au flanc du César, et lave ainsi dans le sang la honte du joug ?

Eh bien ! les temps sont les mêmes. César existe encore. Il s’appelait hier Gouvernement provisoire, Constituante, Législative, Président de coup d’Etat ; aujourd’hui il s’appelle Napoléon III, l’Empereur. Demain peut-être, il aura nom Dictature populaire, Ledru-Rollin ou Blanqui.

Brutus, tous les Alibaud, tous les régicides seraient-ils morts ?

Le patricien, le seigneur féodal, n’est-ce pas le bourgeois ?

L’esclave, le serf, n’est-ce pas le prolétaire ?

Républicains, esclaves, serfs des temps modernes, la logique est inexorable, elle commande à notre conduite. Allons, debout ! et renouons la tradition avec les Brutus, les Spartacus et les Jacques d’autrefois !

– Debout ! action ! insurrection ! Révolution !

– Action, insurrection, oui ; mais pourquoi ? –

– Pour nous faire emprisonner, mitrailler sans profit ; pour léguer à nos femmes et à nos enfants le deuil et la misère ? Triste chose que cela !…

– Révolution, oui ; mais laquelle ?

– Celle qui substituerait au pouvoir un autre pouvoir, à un homme d’autres hommes ? Chose plus triste encore ! –