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Page:Déjacque - La Question révolutionnaire, 1854.djvu/18

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Tous nous avons le droit et, – le moment favorable venu, – le devoir d’agir ; de nous servir des muscles que la nature nous a donnés pour briser par la violence le carcan d’esclavage que la violence nous a rivé à la gorge et aux poignets. Individuellement, nous pouvons peu ; collectivement, tout, – nous avons la force. – Ce qui nous manque pour agir avec succès, ce que trop peu, hélas ! possèdent entre le plus grand nombre, c’est l’idée ; c’est la foi, la passion, le fanatisme à cette idée ; foi, passion, fanatisme sans lesquels on ne peut soulever les montagnes, opérer les miracles ; idée sans laquelle la force est inféconde et ne sème que pour recueillir des catastrophes. La force sans l’idée, c’est une machine à locomotion chauffée à toute vapeur et qui, lancée sur un chemin dénué de rails, ne tardera pas, dans sa course désordonnée, à culbuter et à se broyer dans sa chute ; c’est un navire sans pilote et sans boussole qui vogue, toutes voiles dessus, au milieu des écueils, sur le gouffre qui va l’engloutir.

Ainsi, pas d’action, pas d’insurrection, pas de révolution sans un but social, si nous ne voulons « remplacer un crime par un autre crime ».

Toutefois, l’immobilité est impossible. Il faut agir, s’insurger, révolutionner. Que chacun donc interroge sa pensée, la pensée des autres, y puise et y jette des idées. Que toutes ces convictions individuelles, sans rien perdre de leur individualité, se groupent dans une unité de principe comme les feuilles au faisceau d’un même arbre. Qu’une ou plusieurs de ces questions, par exemple, les questions de gouvernement, de religion,