mesures les plus antipathiques aux besoins de son époque ; fera un feu roulant de lois d’exception jusqu’à ce que, – la mine comble et allumée à la mêche des révolutions, – il saute entouré de tout l’attirail de ses moyens de défense. Pouvait-il agir autrement, abandonner un seul de ses bastions ? – L’ennemi, c’est-à-dire la révolution, ne s’en serait emparée que pour y établir ses batteries. Capituler ? Il lui était ordonné de se rendre à merci ; et il savait qu’entre les mains du vainqueur c’était la mise à sac de ses intérêts, son asservissement, puis la mort.
Ô vous, soldats du progrès, mais amants timorés de la liberté, qui portez encore au fond du cœur – comme un reste de l’éducation familiale et catholique du jeune âge, – le préjugé de l’autorité, la superstition du pouvoir, rappelez-vous 1830 et Louis-Philippe, 1848 et le Gouvernement provisoire ; les programmes de l’Hôtel de Ville et du Luxembourg ; les promesses de Juillet et de Février. Rappelez-vous le mensonge et l’hypocrisie captant la confiance du peuple ; la ruse et la violence le bâillonnant avant l’expiration de son bail de silence, de ses trois mois de misère.
Et n’espérez pas de meilleurs hommes, un choix plus heureux. Ce ne sont pas les hommes, c’est la chose en elle-même qui est mauvaise. Selon le milieu, la condition où il se meuvent, les hommes sont utiles ou nuisibles à ceux qui les entourent.
Ce qu’il faut, c’est de ne point les placer en dehors du droit commun, afin de ne point les mettre dans la nécessité de nuire. Ce qu’il faut, c’est de ne point se donner de pasteur si l’on ne veut être